
Cet article reprend le live « Prompts : obtenir de l’IA ce que vous lui demandez vraiment » : mes quatre démonstrations en direct et la méthode que j’applique au quotidien.
Recevoir le replayVous demandez un mail à l’IA, elle vous en rend un autre. Trop long, trop plat, ou à côté du sujet. Vous corrigez à la main, et vous vous dites que l’outil ne vaut pas le temps passé. Pour moi, le problème vient rarement de l’outil. Pour écrire un bon prompt, il suffit de quelques lignes de plus, bien choisies.
Je vous donne ici ma méthode en quatre briques, une cinquième habitude, quatre démonstrations réalisées devant le public et ma checklist avant envoi. Elle vaut pour Claude, ChatGPT, Gemini ou n’importe quel assistant conversationnel.
Un bon prompt est une demande qui répond à quatre questions : qui vous êtes (le contexte), ce que vous voulez obtenir (le but), sous quelle forme (le format) et avec quelle voix (le ton). Une consigne de dix mots oblige l’IA à deviner le reste. Je préfère lui donner mes informations dès le départ.
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Table des matières
Pourquoi l’IA répond-elle à côté de ce que vous attendez ?
Prenons un cas simple. Dans votre tête, vous avez une cliente précise, un devis de 6 400 euros, dix jours de silence et un ton poli sans être collant. Vous voulez un mail court, prêt à partir tel quel. L’IA, elle, reçoit seulement : « Écris un mail de relance pour un devis ».
Ce que vous avez en tête
Une cliente précise, un montant, dix jours sans réponse, un ton poli mais pas collant, un mail court.
Ce que l’IA reçoit
Une phrase. Aucune idée de qui vous êtes, de la longueur voulue ni de la relation avec la cliente.
Le résultat
Un modèle de relance moyen, qui ressemble à tous les modèles du web et à aucun de vos mails.
Je compare souvent l’IA à un stagiaire surpuissant qui arrive un lundi matin. Il a énormément de connaissances, mais il ne sait ni qui vous êtes, ni ce que vous vendez, ni comment vous écrivez. Vous ne lui diriez pas seulement « relance ce devis ». L’IA mérite le même effort.
Comment écrire un bon prompt avec la méthode en quatre briques ?
Pour écrire un bon prompt, répondez à quatre questions. Vous n’avez pas besoin de toutes à chaque fois, mais plus il en couvre, mieux l’IA devine ce que vous attendez.
Qui vous êtes, à qui vous écrivez, dans quelle situation.
Ce que la réponse doit obtenir : une réponse, un rendez-vous, une décision.
Longueur, structure, texte brut ou liste, ce qu’il faut éviter.
Tutoiement ou vouvoiement, chaleureux ou sobre, vos mots à vous.

La première brique est la plus importante. Passez-y du temps au début : vous ne la ferez qu’une fois. Précisez votre métier, la taille de votre entreprise et, si cela compte, votre ville. Dites ensuite à qui vous écrivez (clients, fournisseurs, salariés) et ce qui s’est passé, avec les faits et les chiffres.
Comparez « Rédige une annonce pour mon salon » à « Je tiens un salon de coiffure de trois personnes à Nancy, avec une clientèle de quartier, surtout des femmes de 35 à 60 ans. Je veux annoncer l’arrivée d’une coloriste ». La différence saute aux yeux.
Attention : ne collez jamais de données sensibles de vos clients (noms complets, coordonnées, santé) dans un outil que vous n’avez pas paramétré pour cela. Un prénom fictif suffit pour obtenir un bon texte.
But et format : fixer la destination et la forme
Le but dit ce que vous voulez atteindre : obtenir un rendez-vous, rassurer un client, trancher une décision. Si vous cherchez simplement un conseil, dites-le aussi. Le format évite que l’IA choisisse elle-même un modèle type. Précisez par exemple « cinq phrases maximum, un objet et un texte brut, sans formule pompeuse, sans emoji ».
Quand je ne sais pas quoi préciser, je termine par « pose-moi d’abord les questions qui te manquent ». J’utilise aussi le reverse prompting : je donne mon objectif, et je demande à l’IA de me rédiger le prompt. Elle sait alors ce qu’elle doit demander, et je vérifie que le résultat colle à ma demande.
Le ton : un profil de voix pour que ça vous ressemble
La quatrième brique donne votre voix. Vous pouvez décrire le ton (vouvoiement chaleureux, direct), mais le plus efficace reste de coller deux ou trois de vos vrais mails. J’ai moi-même rédigé près de 130 posts LinkedIn dans un seul document, bien avant l’arrivée de l’IA. Aujourd’hui, Claude s’appuie dessus : c’est mon profil de voix.
Pour approfondir ce point, je vous conseille de lire notre article pour humaniser un texte écrit par l’IA. Interdisez aussi les tics : pas de formule toute faite, pas d’enthousiasme forcé.
La cinquième habitude : corrigez la réponse plutôt que de repartir de zéro. Ne reprenez pas le brouillon à la main. Dites à l’IA ce qui ne va pas et demandez-lui de s’en souvenir. C’est ce qui vous fera gagner le plus de temps.
Que change la méthode en direct avec Claude ?
J’ai testé chaque cas en deux temps, devant le public : d’abord une demande vague, puis la même avec les quatre briques. Tous les cas sont fictifs, mais ils ressemblent à ce que je vois chez nos stagiaires.
Démo 1 : relancer un devis sans être lourd
Un menuisier de Nancy, quatre salariés, doit relancer une cliente qui n’a pas répondu à son devis de cuisine sur mesure depuis dix jours. Ma première demande : « Écris un mail de relance pour un devis ». Claude me pose des questions avant de rédiger, ce qui montre déjà qu’il manque du contexte.
Avec la consigne complète, le résultat change. J’indique le métier, le montant du devis (6 400 euros) et le but : savoir si elle a des questions et lui proposer un appel de dix minutes, sans la brusquer. Je fixe aussi le format (un objet, cinq phrases, une seule question) et le ton : vouvoiement chaleureux, comme un artisan qui parle à sa voisine.
Le mail est utilisable tel quel. Vous n’allez pas retaper ce contexte à chaque fois, et j’y reviens plus bas. Autre astuce : dictez votre consigne à voix haute, cela change la vie. Pour relancer vos clients, lisez aussi notre guide sur la relance d’une facture impayée.
Démo 2 : répondre à un avis négatif
Un restaurant de 32 couverts reçoit un avis Google à deux étoiles : « Attente de 50 minutes et plats tièdes, très déçu ». Avec une demande de quelques mots, la réponse est polie mais plate. On sent l’IA, et un client déçu le sentira aussi.
J’ai ensuite donné les faits : un samedi soir complet, un cuisinier absent, 28 couverts depuis que le restaurant limite les réservations. Le but : montrer aux futurs clients que les retours sont pris au sérieux et inviter ce client à revenir. Le format : quatre à six phrases, signées par le gérant, sans promesse de remise. Le ton : humble, simple, sans langue de bois.
La réponse reconnaît le problème sans chercher d’excuses. Elle dit que 50 minutes d’attente ne sont pas acceptables, puis explique ce qui a changé. Elle contient des chiffres, comme le ferait un gérant bien informé.
Démo 3 : un post Facebook pour la Toussaint
Ma première demande : « Fais-moi un post Facebook pour la Toussaint ». Le résultat est général, avec des crochets à remplir. Malheureusement, certains le publient tel quel, et ça se voit.
Avec les quatre briques, la fleuriste indépendante d’un village de 3 000 habitants décrit sa clientèle d’habitués, surtout des plus de 50 ans. Elle annonce l’arrivée des chrysanthèmes et ses horaires d’ouverture le dimanche. Elle demande quatre phrases, un seul emoji, la date et les horaires en dernière ligne, puis colle deux de ses anciens posts pour donner le style.
Un post court, au bon ton, presque prêt à publier. Il ne manque qu’une belle photo de la boutique. Quelques minutes d’écriture ont suffi, ou un petit message vocal.
Démo 4 : corriger sans tout reprendre
Le mail du menuisier est un peu long et sonne « IA ». Plutôt que de le réécrire, je donne trois consignes de correction à Claude. Je fais la même chose sur le post de la fleuriste : « supprime les formules toutes faites, écris comme une fleuriste qui parle en phrases courtes ».
Ma consigne tient en trois lignes : raccourcis à trois phrases, garde la proposition d’appel, parle des délais de fabrication plutôt que du budget. Ajoutez ensuite : « retiens cette préférence pour la suite ». Un stagiaire à qui vous ne dites jamais ce qui ne va pas vous rendra le même devis chaque semaine.

Envie de revoir ces démonstrations en entier ? Je vous envoie le replay, la présentation et mes notes : recevez le replay du webinaire.
Ne recommencez pas à zéro, dites précisément ce qui ne va pas. Le prompt de correction est plus court que le prompt de départ, et le texte est meilleur.
Quelles erreurs empêchent d’écrire un bon prompt ?
Les mêmes erreurs reviennent presque toujours, chez les stagiaires comme chez moi. Les repérer, c’est déjà gagner du temps.
- Demander trop court. Dix mots de demande, quinze corrections derrière. Quelques lignes de plus au départ vous évitent des allers-retours.
- Tout mélanger. Un message, une tâche. Si vous mélangez un mail, un post et un devis, chaque sujet est traité à moitié.
- Ne pas dire le but. Le texte est correct, mais il n’obtient rien : ni rendez-vous, ni réponse, ni décision.
- Repartir de zéro. Ouvrir une nouvelle conversation à chaque demande efface tout ce que l’IA avait compris. Restez dans la même conversation ou le même projet.
- Croire la première version. L’IA peut inventer des chiffres ou des dates. Demandez-lui de ne rien inventer et de citer ses sources, puis relisez avant d’envoyer.
Même avec un prompt parfait, la première réponse ne sera jamais parfaite. C’est normal : on revient, on corrige, on garde ce qui marche. Pour comprendre le vocabulaire de ces outils, je vous recommande aussi notre lexique de l’IA.
Que vérifier avant d’envoyer votre prompt ?
Voici la liste que je relis avant d’appuyer sur Entrée. Elle tient en cinq questions :
- L’IA sait-elle qui je suis et à qui j’écris ?
- Connaît-elle le but du texte ?
- Ai-je fixé la longueur et la forme ?
- Ai-je donné mon ton, idéalement avec un exemple ?
- Si j’hésite, lui ai-je demandé de me poser ses questions avant de répondre ?

Une fois votre meilleur prompt trouvé, gardez-le dans un document ou dans un projet Claude. Vous ne le réécrivez plus. Avant l’IA, j’avais déjà un document « procédure de mise en ligne des webinaires » avec un prompt par étape. Je changeais seulement les dates chaque mois.
Comment donner un contexte permanent à l’IA ?
Un bon prompt aide, mais vous réexpliquer à chaque demande reste du temps perdu. Chez nous, nous avons fait autrement. Sur mon ordinateur, un dossier contient des fichiers au format Markdown (.md) qui décrivent l’entreprise, les clients et les règles. Je les écris une seule fois, et l’IA les relit à chaque demande.

Des fichiers qui vous décrivent
Votre entreprise, vos clients, vos règles et votre façon d’écrire, rédigés une seule fois.
Que l’IA relit à chaque fois
Vous ne vous réexpliquez plus à chaque demande : le contexte est déjà là.
Un exemple chez nous
Un dossier de fichiers Markdown sur mon ordinateur, avec nos procédures étape par étape.
Résultat : elle connaît nos clients, nos règles et notre façon d’écrire. Le plus gros gain vient des procédures. Pour un référencement naturel, je ne dis pas « gère le SEO de ce client ». Je décris l’outil à utiliser, la recherche de mots-clés, la rédaction, la mise à jour. L’assistant fait ce que je faisais à la main, en plus vite.
Vous n’avez pas besoin d’un dossier technique pour commencer. Dans Claude, créez un projet « connaissance de vous-même » et donnez-lui toutes les informations utiles sur votre activité. Terminez par : « pour mieux me connaître, aurais-tu des questions ? ». La mémoire automatique peut aussi se mettre à jour, mais elle n’est pas toujours fiable. Dites explicitement « note bien ça en mémoire » pour ce qui compte.
À retenir : le prompt, c’est ce que vous dites à l’IA. Le contexte permanent, c’est ce qu’elle sait déjà de vous. Pour des usages concrets, voyez aussi comment gagner du temps avec l’IA quand on dirige une TPE, et les fonctions de Claude selon votre abonnement.
Cet article prolonge celui du 8 octobre, où je testais trois nouveautés avec une grille simple : la méthode de veille IA en dix minutes. Retrouvez tous nos articles dans la catégorie intelligence artificielle.
Recevez le replay, la présentation et mes notes
Les quatre démonstrations en direct, les consignes exactes que j’ai utilisées et la checklist, à garder sous la main. Remplissez le formulaire, je vous envoie le tout par mail.
Passez du prompt à la pratique
Nos formations Claude en ligne, accès à vie, souvent finançables par votre OPCO ou votre fonds d’assurance formation selon votre situation. Besoin d’un premier pas ? Le guide « Claude en pratique » réunit des usages prêts à l’emploi.
Questions fréquentes pour écrire un bon prompt
Commencez par les quatre briques : qui vous êtes, ce que vous voulez obtenir, la forme attendue et le ton. Quelques lignes suffisent. Ajoutez « pose-moi d’abord les questions qui te manquent » si vous hésitez, et corrigez la réponse plutôt que de repartir de zéro.
Oui, la méthode vaut pour tous les assistants conversationnels. Certains outils sont plus spécialisés que d’autres, mais contexte, but, format et ton améliorent la réponse partout.
Collez deux ou trois de vos vrais mails ou posts, et décrivez votre ton : vouvoiement chaleureux, phrases courtes. Interdisez les formules toutes faites. Plus vous donnez d’exemples, mieux l’IA reprend votre façon d’écrire.
Créez un projet Claude qui décrit votre activité, vos clients et vos règles, ou des fichiers que l’IA relit à chaque fois. Demandez-lui ensuite de poser les questions qui lui manquent pour mieux vous connaître.
En résumé : pour écrire un bon prompt, donnez à l’IA quatre briques (contexte, but, format, ton), corrigez la réponse plutôt que de repartir de zéro et relisez avant d’envoyer. Évitez les cinq erreurs : demande trop courte, sujets mélangés, but oublié, conversation neuve à chaque fois, première version crue sur parole. Ensuite, gardez vos meilleurs prompts et donnez-lui un contexte permanent.
À propos de l'auteur

Hugo Vasseur
Hugo Vasseur est chef de projet à l'Agence SW. Spécialiste du SEO, du content marketing et de la stratégie digitale, il forme les indépendants et TPE à développer leur visibilité…
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